On prend un méga petit déjeuner avant de remballer et de se diriger vers la route qui monte vers Åndalsnes (l’objectif final du voyage où nous attend un train dans quelques jours). En quète d’information, on va demander au magasin s’il y a des bus pour y aller, apparement non. Sur le parking du magasin il y a un bien bus scolaire qui attend, on hésite à lui demander mais on se dit qu’il ne doit pas aller bien loin. On décide de faire du stop jusqu’à Isfjorden, donc on suit la route en espérant tomber sur un Norvégien qui n’a pas peur de nous.

La route monte. Beaucoup. Au bout de quelques kilomètres, on fait une pause. On descend le litre de coca restant pour gagner un peu de poids, et là, c’est le drame. Je réalise avec stupeur qu’on vient de perdre une occasion unique dans nos vies: faire du riz rond au coca en Norvège un 13 Septembre 2013. Je suis bien dégouté, presque autant que lorsque qu’on avait découvert après 35km de marche que le magasin dessiné sur la carte n’existait pas. Après plusieurs minutes à maudir tout et n’importe quoi et à shooter dans les gravillons innocents des environs, on repart avec des cookies dans l’estomac. (Note en provenance du Sébastien du futur qui a racheté le même riz rond et du coca pour tenter l’expérience quelques mois plus tard: tout a fini à la poubelle, rien n’y fait, le riz rond c’est de la saloperie). Il s’avère que le stop en Norvège, ce n’est pas très efficace, on a du voir passer une vingtaine de voitures sans succès. Au loin on entend un bruit de moteur qui galère, et on voit débarquer… le bus scolaire du parking. On devrait être aigris, mais après le drame du riz au coca, plus rien ne peut atteindre notre intégrité mentale.

Quelques voitures plus loin, on abandonne l’idée du stop et on ressort la carte, de laquelle on doit être en dehors de quelques kilomètres. On devine que l’on devrait bientôt rencontrer un chemin qui devrait nous amener à Isfjorden, du coup on décide de repartir quelques jours dans les montagnes avec un petit goût d’aventure, qu’on avait oublié depuis le retour à la civilisation. On espère que le pied de Faltad ne va pas exploser à force de gonfler, car une fois là haut, on ne pourra pas faire de retour en arrière facilement.

Un petit ruisseau borde le chemin et j’en profite pour pêcher en marchant, je prends quelques truites qu’on relâche vu qu’on a fait le plein de provisions. Le temps a beaucoup changé avec l’altitude, il y a quelques heures on se croyait en plein été, là on est de retour dans les nuages gris, il pleut, tout est mouillé, et on voit à 50 mètres. On pose la tente sur ce qui ressemble à un lit de mousse (un des rares endroits qui a l’air de ne pas trop prendre l’eau dans le coin), à proximité d’un carrefour de chemins, un grand mot vu que c’est juste le chemin qui se sépare en deux. On va chercher du bois pour faire un feu lorsque la pluie commence à tomber, on décide le garder au sec en attendant que ça passe.

Mais ça dure, et on a faim, donc on fini par manger dans la tente en lisant et en écrivant. Le repas est typiquement norvégien: cacahuètes, chips à la sauce Besten Burger, cookies, chocolat, et wasa noyé de ketchup. La pluie se calme et Faltad va prendre de l’eau pour faire des pâtes. On a 1kg de ketchup donc on met la grosse dose, avant de s’endormir sous la pluie, en espérant ne pas se réveiller mouillés au petit matin (niark niark niark niark).

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